Mar 12

Témoignages dans le cadre du cours de PSY555

Le samedi 31 janvier 2015 avait lieu le cours de PSY555 « Compétences : diversité culturelle » à l’Université de Sherbrooke, où 3 membres de l’AGLEBUS, Nancy, Martin et Sandra, ont pu faire un témoignage démystifiant l’homosexualité et la bisexualité aux étudiants inscrits. L’AGLEBUS avait aussi été sollicitée il y a deux ans pour faire une intervention dans le cadre de ce cours (les interventions sont effectuées tous les 2 ans).

Ce cours cherche à connaître les différentes formes de diversité, dont celle de la diversité sexuelle. Une trentaine d’étudiants sont inscrits à ce cours qui a lieu, soit dit en passant, le samedi matin, ce qui dénote une motivation chez les étudiants d’en connaître davantage sur les diversités.

La séance a été divisée en 3 sections. Tout d’abord, les étudiants et les bénévoles ont fait une courte présentation d’eux-mêmes. Les étudiants ont énoncé dès le début leur appréciation de la présence des intervenants dans le  cadre de leur cours. Ceux-ci ont expliqué en gros leur situation actuelle au niveau professionnel, amoureux et familial. Ils ont également mentionné comment s’était déroulé leur sortie du placard (coming-out) et s’ils avaient vécu de la discrimination en lien avec leur orientation sexuelle.

Ensuite, le groupe s’est divisé en trois et s’est réparti entre 3 locaux. De cette façon, les étudiants ont pu poser les questions en plus petit groupe, ce qui leur permettait de démystifier des préjugés ou d’en connaître un peu plus sur les réalités d’une personne homosexuelle ou bisexuelle. Dans le but d’offrir le maximum de diversité aux étudiants, les 3 intervenants choisis étaient d’une orientation sexuelle différente (lesbienne, bisexuelle ou homosexuelle), avaient un vécu professionnel différent et même des âges qui variaient (mi-vingtaine, trentaine et quarantaine). Une des bénévoles était également mère de 4 enfants, ce qui permettait de toucher des questions en lien avec l’homoparentalité. Les questions ont touché les stéréotypes et préjugés, les relations de couples, la sexualité, l’homoparentalité, la discrimination, etc.

Finalement, le groupe s’est réuni pour faire un résumé des points qui avaient été touchés et pour réfléchir à des pistes de questionnements pour des réflexions ou des travaux de recherche futurs.

Les bénévoles ont beaucoup apprécié l’écoute et la curiosité des étudiants présents durant cette activité. Les étudiants ont aussi mentionné le fait qu’ils trouvaient ce genre d’intervention utile autant pour leur vie personnelle que dans le cadre de leurs études. Ce sera une expérience à renouveler.

Nancy T.
Vice-président aux communications et secrétaire

 

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Mar 10

Formation du REDS : « De la diversité familiale aux stratégies pour en finir avec l’homophobie »

Le vendredi 13 février dernier, au pavillon Armand-Nadeau à Sherbrooke, était offerte la formation « De la diversité familiale aux stratégies pour en finir avec l’homophobie ».

Durant les trois heures qu’a duré l’activité, les formatrices de la Coalition des familles homoparentales ont relevé les nombreuses idées reçues et les préjugés parfois bien ancrés dans l’imaginaire québécois pour mieux les détruire progressivement en les confrontant aux situations réelles. Elles ont notamment pris le temps de bien expliquer les différents termes apposés aux membres de la communauté LGBT. De plus, celles-ci ont montré les résultats de recherche des années passées pour démontrer que les thèmes ne sont plus les mêmes aujourd’hui et qu’il s’agit d’une véritable amélioration : nous n’en sommes plus à savoir s’il est sain pour l’enfant d’être élevé par des parents de mêmes sexes, mais bien à essayer de comprendre les stratégies qu’adoptent les parents et les enfants pour faire face aux difficultés qui peuvent survenir.

Les formatrices cherchaient, en créant des exemples de cas et en faisant participer le public, à former les divers intervenants et intervenantes en contact avec les milieux communautaire et scolaire, autant au niveau primaire qu’au niveau secondaire. Celles-ci ont ainsi permis de bien outiller le public pour qu’il puisse être en mesure de réagir aux incidents à portée homophobe. Il a d’ailleurs été mentionné par un participant que les membres du personnel des écoles ont souvent la volonté de réagir aux gestes et aux propos homophobes, mais qu’ils ne savent pas comment le faire. Heureusement, cette formation est désormais fortement recommandée par le MELS dans son plan d’action contre l’homophobie 2011-2016. Par ailleurs, les professionnels des écoles ne doivent plus simplement intervenir de leur propre chef, mais sont bien tenus légalement de le faire grâce à la loi 56, Loi visant à prévenir et à combattre l’intimidation et la violence à l’école, du MELS. Il s’agit d’un pas-de-géant, car cette loi cautionne les interventions et les membres du personnel n’ont donc plus à craindre d’être associés automatiquement à la communauté LGBT.

Tout comme la formation elle-même, le site internet de la Coalition des familles LGBT est très riche en informations toutes plus pertinentes les unes que les autres. Je vous conseille fortement d’y jeter un coup d’œil : familleslgbt.org/outils. Les membres de la coalition sont également très enclins à offrir des formations et cela, dans n’importe quelles villes et n’importe quels milieux qui pourraient en bénéficier. Alors, n’hésitez pas à les contacter si la formation vous intéresse puisqu’elle sera, j’en suis persuadée, à la hauteur de vos attentes.

Un gros merci au REDS (Regroupement estrien pour la diversité sexuelle) pour avoir organisé cet événement.

Chloé C.

Vice-présidente à la sensibilisation

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Fév 12

Les défilés de la fierté LGBT : toujours utiles ?

Bonjour!

Prenez quelques minutes pour lire cet article de Karyn Brown paru dans le journal Le Collectif auquel nous avons contribué!

Les défilés de la fierté LGBT : toujours utiles ?

http://www.lecollectif.ca/les-defiles-de-la-fierte-lgbt-toujours-utiles/

Culture-Karyn_Brown-Les_defiles_de_la_fierte_LGBT-5_fevrier

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Fév 04

Témoignage : L’idéal, par Nancy

L’idéal

Je suis membre de l’AGLEBUS depuis 2010, et j’occupe des postes d’officiers (secrétaire et vice-présidente aux communications, à ce jour) depuis cette période. L’association m’a permis de rencontrer des personnes superbes, authentiques, et de partager avec d’autres mon vécu. Pour cela, je dis merci à l’AGLEBUS, à tous ceux qui s’y impliquent et à tous les alliés. Dans ce témoignage, je vous fais part de mon identité, de ma sortie du placard et de ma vie en général. Enjoy!

Si tu rencontrais l’homme de ta vie et la femme de ta vie au même moment, lequel ou laquelle choisirais-tu?

Cette question (ou un dérivé de celle-ci) m’a été posée à plusieurs reprises par des personnes ayant tout juste appris mon orientation sexuelle. Il est vrai que la bisexualité n’est pas forcément à la portée de tous. D’ailleurs, au sein même de la communauté LGBT+, les individus ne s’entendent pas toujours sur sa définition. Pour ma part, je m’identifie à cette orientation en raison de mon attirance autant pour les personnes de même sexe que de sexe opposé (d’où le « bi »). Par ailleurs, je me considère aussi comme une « biromantique », car je pourrais former un couple autant avec un homme qu’avec une femme, ce qui n’est pas forcément le cas de tous ceux qui s’identifient à la bisexualité.

Pour vous parler un peu de moi (étant donné que cette section en est une de témoignage et non pas de théorie sur la sexualité 😛 ), j’ai su que j’étais bisexuelle à un assez jeune âge. Dès que mes pensées d’enfants ont porté sur l’attirance, elles ont été autant envers les filles qu’envers les garçons. Je peux même ajouter que bien que je me sentirais à l’aise autant dans un couple hétérosexuel qu’homosexuel, j’ai toujours ressenti une attirance physique particulière, voire plus poussée, envers les femmes. Elles ont un je-ne-sais-quoi avec leurs courbes et leur sourire qui m’a toujours fait chavirer. Toutefois, les relations amoureuses ne sont pas fondées exclusivement sur la sexualité ou l’attirance physique, ce sont un ensemble d’éléments qui font qu’une personne est amoureuse d’une autre. C’est le fait que j’éprouve une attirance à la fois physique, émotionnelle et romantique envers les deux sexes qui fait que je me considère comme bisexuelle et pas seulement lesbienne ou hétérosexuelle. C’est une question d’affinité avec la ou le partenaire potentiel.

Pour en revenir à ma sortie du placard (ou coming out), j’ai commencé à m’identifier à cette diversité sexuelle à la suite d’une simple discussion dans un groupe de travail d’équipe, environ en 4e ou 5e secondaire. En discutant de mon attirance éprouvée pour la gent féminine avec mes deux collègues de « travail » (oui, on travaillait fort cette journée-là :P), j’ai réalisé que ce qui me collait à la peau, c’était ça; la bisexualité. Je n’ai pas eu besoin d’expérimenter pour le savoir, je le sentais en moi.

J’ai eu plusieurs amours dans ma vie, des passionnés, des déchirants, des nocifs et des banals, car il en faut aussi, tout simplement. J’ai plus souvent fréquenté des hommes que des femmes, non pas par préférence, mais plutôt par hasard. Il est vrai qu’il a été plus facile pour moi de rencontrer des hommes, qui ont même tendance à m’aborder, que des femmes, que je dois sonder pour connaître leur orientation. Cependant, cela ne fait pas de moi une hétérosexuelle, et pour moi c’est très important de faire cette distinction. Ce n’est pas parce que je fréquente un homme, depuis maintenant 5 ans, que je ne me considère pas comme une bisexuelle. C’est aussi important pour moi que mon conjoint le comprenne. Qui plus est, ce n’est pas parce qu’on a un char qu’on ne peut pas regarder passer les camions… 😉

Tout compte fait, l’important, ce n’est pas l’étiquette que l’on porte, mais plutôt de se sentir bien avec son identité de sexe ou de genre. J’ai trouvé mon équilibre, c’est le cas de le dire, entre ces deux mondes distincts et je m’y sens bien.
Et la réponse à la question, lequel ou laquelle je choisirais entre les deux « idéaux »? Je réponds toujours la même chose, à la blague… Je choisirais le ou la plus riche des deux! 😛
Nancy T.

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Sep 04

Lancement de l’article sur la bisexualité!

Lors de la rentrée universitaire, plus précisément durant les kiosques de la rentrée, a eu lieu le lancement du projet du comité de sensibilisation, c’est-à-dire la distribution de l’article sur la bisexualité.

Comme expliqué précédemment par la Vice-Présidente à la sensibilisation pour l’année 2013-2014, Chloé (voir article sur le projet sensibilisation), cet article est le fruit de discussion et réflexion sur le thème de la bisexualité par des membres de l’AGLEBUS.

Nous offrons donc une version PDF du projet sur notre site pour que ceux qui n’auraient pas eu la chance de se procurer une brochure lors des kiosques de la rentrée puissent tout de même le lire.

Et finalement, pour ceux d’entre vous qui souhaiteraient à tout prix en avoir une copie, il y aura des copies supplémentaires distribuées lors de « Fière la fête » qui aura lieu dimanche le 14 septembre à partie de 13 h au parc Jacques-Cartier.

Bisexualité : Dépasser la pensée binaire

Bonne lecture!

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Août 28

Fière la fête revient le 14 septembre

Forte du succès de l’été dernier, « Fière la fête »,  la célébration de la diversité sexuelle en Estrie, revient pour une deuxième édition le dimanche 14 septembre 2014 au parc Jacques-Cartier à Sherbrooke à partir de 13h. Dans un esprit convivial et familial, Fière la fête sera l’occasion de célébrer, en famille et entre ami-e-s, toute la diversité de la région avec des activités pour divertir à la fois les jeunes enfants, adolescents et les adultes : jeux gonflables,activités artistiques et sportives, prestations musicales, kiosques d’information … et de déguster des bières de la microbrasserie le Siboire (commanditaire principal de l’évènement) et BBQ de produits locaux. A partir de 18h Fière la fête offrira un spectacle de Socalled. Toutes les informations sont disponibles sur le site http://fierelafete.ca/ et sur les réseaux sociaux avec la page facebook https://www.facebook.com/fierelafete … à aimer et partager !

« Cette année a été marquée de grandes victoires pour la communauté LGBTQ dans le monde, mais aussi de grandes injustices, entre les jeux de Sotchi et l’opposition farouche au mariage homosexuel en France », rappelle Marie-Pier Boisvert, présidente du comité organisateur. « Plus que jamais, il est crucial que l’ensemble de la population affiche son soutien aux droits égaux pour tous et toutes. La justice sociale, ça concerne tout le monde. »

« Nous voulons que Fière la fête soit et demeure une fête familiale, une occasion de transmettre aux plus jeunes des valeurs incontournables de respect et d’ouverture à la différence », précise Mme Boisvert. « On se demande comment améliorer le climat dans les écoles, comment mettre un frein à l’intimidation : ça sert aussi à ça, Fière la fête. »

Cette année à nouveau, l’AGLEBUS est fière et heureuse de collaborer à l’organisation de Fière la fête au côté d’autres acteurs des milieux communautaire, collégial et universitaire. Que vous soyez membre de la diversité sexuelle ou de genre, en questionnement ou allié-e, venez nombreux célébrer la diversité et surtout passer un moment de convivialité !

Pour aller plus loin, la couverture médiatique de Fière la fête 2014 :

 

… Fière la fête, parce que le vent tourne

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Mai 21

Projet sensibilisation 2013-2014 (bisexualité)

Bonjour à tous!

Nous avons ajouté de l’information sur le projet de sensibilisation que nous avons entrepris cette année. Une page a été ajoutée à ce sujet dans la section « sensibilisation » accessible dans le menu du haut. Vous pouvez aussi cliquer sur ce lien pour vous y rendre directement : Projet sensibilisation 2013-2014 (bisexualité).

D’autres informations seront ajoutées prochainement, dont l’article que le comité formé pour ce projet a écrit concernant la bisexualité… à venir!

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Mai 15

Calendrier des activités de la session d’été maintenant en ligne!

Sortez vos agendas! Le calendrier des activités de la session d’été est maintenant disponible sur notre site, à droite de l’écran.

Comme d’habitude, un message de rappel (via la liste de diffusion et la page Facebook) sera envoyé avant chaque activité.

Pour la session, nous avons prévu une activité à peu près aux trois semaines. Si vous avez des suggestions à ajouter ou un évènement que vous organisez et auquel vous souhaitez convier les membres de l’AGLEBUS, n’hésitez pas à nous en faire part.

À titre d’information, je serai la nouvelle responsable des activités pour la période estivale. N’hésitez pas à m’envoyer un message si vous avez des questions!

Nancy

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Fév 25

Identité profonde et étiquettes sociales

         Hormis un voisin aux manières parfois efféminées, j’ai grandi dans une famille où le modèle homosexuel était absent.

          Dans mon parcours, je sentis très tôt que la gente féminine me faisait vibrer autant que les hommes et je pensais que c’était ainsi pour la majorité des gens. La socialisation à l’école primaire m’a rapidement fait remarquer qu’il n’en était rien et qu’il valait mieux choisir son camp, l’hétérosexualité avait la cote au jeu de la séduction.

         Que ce soit en 1970 ou 40 ans plus tard, les mots Fifine, tapette et autres quolibets du genre portent une charge émotive qui mine l’estime de soi, les preuves sont innombrables et trop souvent morbides.  J’entendais ces mots et je redoutais d’y être associée.

Jouvencelle de 12 ans, de par des expériences qui sont miennes, ma vie sexuelle était déjà active avec petits et grands gars.  Alors quelle surprise à 14 ans, le jour où une jeune prof remplaçante arrivât dans la classe et que mon cœur bondit d’attirance!  Je vivais mes premiers signes d’orientation bisexuelle, que faire, me réjouir ou paniquer?  Pourquoi ce qui allait de soi en moi devrait-il être éprouvé dans l’insécurité, la gêne et presque de la honte, et pourtant.

S’en suivirent des années de questionnement et de retenue avec quelques incursions de timides baisers et caresses, mais pas de doute, à sentir les volées de papillons dans mon ventre et mon imagination, la femme me faisait de l’effet!  Toutefois, demeurer dans un petit village n’aidait en rien l’élaboration de mon expérience et c’est avec cette prof devenue amie que j’ai vécu le plus d’intimité.  Femme mariée qu’elle était, j’ai découvert à 16 ans que son homme était très ouvert à l’idée qu’elle ait une aventure avec moi… en autant qu’il soit là!  Wô, pas question!  Le trip à 3 ne me disait rien, c’est elle qui m’attirait et ma désirée refusait aussi l’idée d’un trio.

Ça m’a donné l’opportunité de prendre conscience que la partouze ou les échanges de partenaires ne m’excitaient pas.  J’ai continué ci et là de trop furtives et tourmenteuses approches lesbiennes tout en y allant sans gêne avec les hommes.

À 21 ans j’ai pris logement en ville, bien décidée à me brancher.  Je ne pouvais pas croire à ma bisexualité, c’est déjà assez de défi de gérer une relation amoureuse!  J’ai donc choisi de mettre une croix sur la gente masculine pour un temps et j’ai prié une amie en théâtre de bien vouloir m’initier à l’amour lesbien en me présentant des femmes, ce qu’elle fit sans tarder. Je m’y suis baignée tout naturellement, confortablement, accumulant les expériences strictement homosexuelles pendant 4 ans.  Quel bonheur de découvrir cette autre partie de moi bien réelle et durant 2 ans j’ai vécu une relation amoureuse d’une signature exceptionnelle pour le reste de ma vie.

À 25 ans j’ai concrétisé une vision que j’avais de la bisexualité, c’est-à-dire avoir une relation avec un homme et une femme – pas ensemble ni le même jour -, disons ironiquement que c’était une garde partagée.  Je connaissais bien les deux personnes.

Un an de contact honnête, sans cachette.  Pour une part c’était le meilleur des monde, je me sentais entière dans l’expression de mes élans et de mon identité profondément ressentie en tant que femme et homme en même temps.  D’autre part ce ne fut pas une relation de tout repos car on a beau se dire libre, faire adonner les horaires n’est pas que dans le calendrier mais aussi dans le cœur de chacun.  L’une ou l’autre touchant inévitablement à ce sentiment d’incomplétude ou d’être la troisième roue du carrosse, pour moi ça ne pouvait faire qu’un temps, mon besoin de respect mutuel et de jouer gagnant-gagnant était peu conciliable avec ce style de vie.

Plus de 2 décennies ont défilé, des présences inestimables dont je tairai ici les détails, d’autres plus futiles sans jamais douter de mon attirance bisexuelle et ceci, même à travers le célibat qui a pris plus de place que dans mon  passé doté de vigoureuses hormones ou de soirées bien arrosées et boucanées.

Dans la vingtaine c’était rigolo, on me disait chanceuse, que j’avais deux fois plus de choix de partenaires!  Conception valable mais illusoire.  Mon cœur et mon esprit ont beau être grand ouverts, je n’en suis pas moins sélective. Ça c’est le bout qui m’appartient.  Venant de l’extérieur, je n’apprends rien à personne en soulignant que l’étiquetage est puissant dans la société.

En 2014, tout le monde peut nommer quelques personnes assumant leur homosexualité.  Des pas immenses sont accomplis, en même temps les gains sociaux demeurent fragiles.  On a qu’à voir les hauts placés et les sponsors aux Olympiques de Sotchi, ils marchent sur des œufs avec les lois anti-gais au lieu de se lever contre cette répression.

C’est ainsi pour l’homosexualité mais qu’en est-il de la bisexualité?  Combien d’entre nous peuvent nommer quelques personnes à l’aise avec leur bisexualité?  Qui peut nommer des personnalités publiques contemporaines sorties de ce placard?

J’ai testé sur 2 réseaux de rencontre bien connus.  Je me suis inscrite bisexuelle et homosexuelle. Le profil bisexuel m’a presque écœurée du genre humain.  D’abord, un tas de couples de tous les âges et allures.  Puis que ce soit en duo ou individuel, la majorité des visites et messages était une proposition de trip de cul, de trip à 3 ou de tournage porno, si-si!  Bref si t’es bi, tu baises tout ce qui bouge avec n’importe qui n’importe quand?!  Non merci.

Avec le profil homosexuel la qualité des contacts était plus relevée.  À part les femmes lesbiennes, quelques femmes hétéros désirant essayer l’homosexualité et bien sûr beaucoup de visites d’hommes dont certains très intéressants, à part un québécois insignifiant m’écrivant qu’il ferait de moi son amoureuse et sa salope.  Je lui ai retourné son message, lui notant que j’avais divulgué sa vulgarité au site en question. Heureusement ce mauvais goût fut l’exception.

Je conçois qu’il existe plus d’ignorance, de maladresse et de manque de bienveillance que de pure méchanceté, d’où l’importance de l’éducation et de la conscientisation, qu’importe l’âge et les croyances. Inutile de penser que ce qui se retrouve sur ces sites est bien différent de ce qu’on rencontre dans la vie de tous les jours, alors jusqu’où la transparence?  À chacun son aise et son discernement.  Je suis bien entourée, aimée pour qui je suis dans le respect de nos différences.

Au moment où j’écris ce texte je suis célibataire depuis moins d’un an et j’aspire à de nouvelles rencontres. Bien dans ma peau, j’aime ma vie et je ne changerais pas d’identité.  J’accueille ma bisexualité comme un cadeau précieux qui m’enlève tout repère de séduction hétéro ou homo.  J’aime.  Je suis un cœur qui rencontre d’autres cœurs, enveloppés d’un corps féminin ou masculin, chacun ayant ses propres dosages de yin et de yang.  Les cœurs vibrent à l’unisson, un peu, beaucoup ou pas du tout, bien au-delà de l’étiquetage social.  Personne ne plaît à tout le monde alors, bien faire et laisser dire.

Ma fierté n’est pas dans mon identité sexuelle ou mon orientation.  Ma fierté est de vivre du mieux que je peux, aller chercher de l’aide au besoin afin de m’épanouir davantage et ainsi être cohérente avec le leitmotiv de toute âme: l’Amour.  Oui j’aime l’amour, celui qui crée, qui rend généreux, qui donne des ailes, qui remet en question, qui supporte, qui confronte, celui qui fait jouir, qui réjouit, qui agrandit le cœur, celui qui s’éclate de fous-rires, qui essuie les larmes, qui nourrit la vie vivante.  Rien ne peux m’empêcher d’aimer, c’est une pratique de toute une vie, en duo ou en solo!

Alors, bisexuelle? Et pourquoi pas?

 Huguette

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Fév 14

Sherbrooke aux couleurs arc-en-ciel

Pour la durée des jeux Olympiques de Sotchi et en signe de soutien à la communauté LGBT, l’Université de Sherbooke et la ville de Sherbrooke hissent le drapeau arc-en-ciel.
Sources:

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